Monsieur le Président,

Au-delà de toutes considérations, je me permets aujourd’hui de vous dessiller les yeux et de vous exprimer au nom de mon profond amour et respect pour ce pays qui s’appelle Haïti que vous êtes sensé diriger ma très grande désillusion envers les trois premiers mois de votre gestion. Apres près de 2 ans de campagne de ralliement, après près de 2 ans à sillonner le pays du Nord au Sud et de l’Est  à l’Ouest et à collecter sur le vif toutes formes d’informations, après près de 2 ans à toucher du doigt presque quotidiennement les conditions de vie les plus criantes auxquelles la population est confrontée, après près de 2 ans à nourrir l’espoir d’un vrai renouveau de la vie sociale, économique et politique en Haïti, après près de 2 ans à vous vendre tant sur la scène nationale qu’internationale, vos premiers cents jours à la tète du pays ont accouché d’une souris naine. Au lieu de la caravane sans objectif précis qui a été lancée sur les routes, j’estime qu’il serait plus séant et plus rentable pour le pays que le gouvernement ait pris l’initiative de s »attaquer a l’insalubrités par la création du Contingent de la Propreté, juste 3000 bras chargés de nettoyer le pays sur une période d’un mois auxquels on paierait 500 gourdes par jour chacun. Le pays s’en sortirait embelli et plus apte à recevoir les visiteurs étrangers dont on souhaite tant la venue. L’argent du peuple commencerait alors à circuler dans le peuple et non resté cloîtré dans des cercles fermés qui concoctent à longueur de journées des plans pour s’enrichir davantage ou pour commencer à s’enrichir.Juste à lancer des travaux à haute intensité de main d’œuvre lancerait un signal clair dont un nombre significatif de la population en serait les bénéficiaires et le porterait à croire que le gouvernement se penche réellement sur son désarroi. Le peuple se meurt parce que l’espoir refuse de se poindre à l’horizon à cause de l’absence de dispositions concrètes à son avantage. Le peuple se meurt parce qu’il ne croit plus dans les hommes politiques du pays. Et lorsque la méfiance se met de la partie, toutes sortes de dérive sont prévisibles.Après près de 2 ans à marteler les oreilles du peuple que vous étiez le plus capable parmi tous les candidats à assurer son bien-être et à conduire le pays à bon port, je croyais sincèrement que votre discours relevait d’un plan de gouvernement bien ficelé en perpétuelle modification proactive à mesure que les obstacles se dressaient sur votre parcours et que vous aviez dû les surmonter grâce à votre détermination de servir le peuple dignement et honorablement pour son plus grand bien. A analyser froidement les premiers pas, je doute fort que les fruits tiendront la promesse des fleurs. Mon frère, Kerlin, semble avoir vu juste lorsqu’il me déclara que l’homme politique haïtien de nos jours n’aspire généralement qu’à réussir aux élections et a rien de plus car il n’a jamais de plan A que dire de plan B. L’essentiel est de gagner et de jouir des privilèges que procure l’exercice du pouvoir et non de servir le peuple et le pays. Non, Excellence, mille fois non. Les affaires du pays sont de trop grande importance pour être conduites avec tant de désinvolture. Il faut que nous sachions sans détour ou nous allons et comment vous comptez nous y conduire. Le millier, disons pour être généreux, les milliers de touristes que le pays semble espérer sans promotion, sans réelle incitation à un éventuel retour, sans découverte attrayante pour inviter un parent ou un ami à faire la même expérience vont tomber du ciel parce que le ministère en charge , pour favoriser un particulier ou un groupe à décrocher un contrat juteux a décidé d’informatiser le système de collecte d’informations d’une manière qui ne répond à aucune nécessité ou urgence ponctuelle alors que la saleté permanente fait la guerre et au ministère et aux touristes.Soyons sérieux au moins pour une fois, chers responsables du Ministère du tourisme, créer les conditions pour attirer des visiteurs ne passe pas par l’informatisation d’abord, mais par le combat contre l’insalubrité, par la formation de vrais guides touristiques, par l’éducation constante de la population qui enquiquine le visiteur à un point tel que ce dernier craint même pour sa sécurité parfois, par l’opérationnalisation de notre police touristique si elle existe, sinon par sa constitution.Mettez-vous, et je m’adresse à tous les concernés, vraiment au service de la nation car c’est à cette tâche que vous avez été assignés et non à la jouissance de privilèges.

Source :Garry Muzeau
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