L’ouragan Maria qui a dévasté la petite île indépendante de la Dominique, dans les Caraïbes, y a fait au moins 15 morts, a annoncé jeudi le premier ministre Roosevelt Skerrit.

 

« Jusqu’à présent, nous avons enterré au moins 15 personnes », a-t-il déclaré à la télévision d’Antigua et Barbuda, un pays voisin. Il y a aussi une vingtaine de personnes portées disparues, a-t-il dit.
Roosevelt Skerrit a indiqué que toutes les localités de la Dominique, qui compte 72 000 habitants, avaient subi l’impact de l’ouragan. Le pays a été frappé le 18 septembre alors que Maria était au plus fort de sa puissance, en catégorie 5. « Cela a été extrêmement violent », a-t-il dit.
L’île, située à proximité des départements français de la Martinique et de la Guadeloupe, est depuis quasiment coupée du monde.

Photo: Dominique Roseau Agence France-PresseLa Dominique dévastée après le passage de «Maria»

Le premier ministre avait lui-même dû être secouru lors du passage de l’ouragan. Le toit de sa résidence s’était envolé et il avait raconté sur Facebook comment il s’était senti à la merci des vents et des pluies torrentielles.
De son côté, Porto Rico se préparait jeudi à affronter des inondations potentiellement « catastrophiques » après le passage de l’ouragan Maria qui a « anéanti » l’île caribéenne, détruisant la plupart des infrastructures et le réseau électrique.

 

L’ouragan, désormais classé en catégorie 3 (sur une échelle de 5), devait passer jeudi à une centaine de kilomètres au nord de la République dominicaine, et continuer sa route vers les îles britanniques Turques et Caïques.

 

Au total, Maria aurait tué 18 personnes après son passage dans les Caraïbes.

 

« Porto Rico est absolument anéanti », a déclaré M. Trump en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. L’île « est dans un état très, très, très délicat… Le réseau électrique est détruit », a-t-il ajouté, confirmant une visite prochaine sur le territoire des Grandes Antilles.

La veille, il avait décrété l’état de catastrophe naturelle, qui permet de libérer des fonds fédéraux pour l’aide d’urgence et la reconstruction à Porto Rico.

 

En attendant, « nous avons besoin de générateurs, d’eau potable, de vivres », a affirmé sur CNN Carlos Mercader, le porte-parole du gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rossello.

 

« Nous avons encore beaucoup d’inondations, et des risques de glissements de terrain à cause des grandes quantités de pluies qui sont tombées », a-t-il expliqué.

 

Pillages

Selon le centre américain des ouragans, les pluies pourraient atteindre 50 à 75 cm d’ici samedi, voire 90 cm par endroits.

 

« Si vous le pouvez, montez vers les hauteurs MAINTENANT », a lancé jeudi à l’aube dans un tweet le service météorologique national, parlant d’inondations « catastrophiques ».

 

Maria, oscillant entre les catégories 4 et 5 lorsqu’il a touché Porto Rico, a fait d’énormes dégâts et des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans des refuges. Des pillages ont eu lieu dans plusieurs quartiers de San Juan, la capitale, malgré un couvre-feu instauré de 18 h à 6 h locales. Selon le gouvernement, 10 personnes ont été arrêtées dans la nuit.

 

« Je ne peux pas croire qu’après l’entraide que l’on a connue pour Irma, nous avons maintenant à subir les pillages », a affirmé à l’AFP Alex Garcia, un volontaire qui sillonnait jeudi matin la zone touristique d’Ocean Park totalement inondée, pour s’assurer que les habitants réfugiés dans les étages supérieurs des immeubles allaient bien.

 

Autour de San Juan, plusieurs dizaines de familles ont dû fuir pendant la nuit la montée des eaux.

 

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par une résidente du quartier de Toa Baja montre les flots atteignant le deuxième étage de sa maison. « Nous sommes pris au piège, Dieu ne nous aide pas, nous ne pouvons rien faire », déplore cette femme. « Nous ne pouvons pas grimper [sur le toit] à cause du vent, regardez les vagues d’eau », lance-t-elle.

 Le San Juan que nous connaissions hier a disparu.

Carmen Yulin Cruz, mairesse de San Juan

Maria est « la tempête la plus dévastatrice » du siècle, selon les autorités de l’île. En 1928, l’ouragan Okeechobee, connu aussi comme San Felipe Segundo, avait fait 300 morts.

 

La dévastation est « pratiquement absolue », a témoigné en pleurs la maire de la capitale, Carmen Yulin Cruz, dans un refuge, ajoutant que « de nombreuses parties de San Juan sont complètement inondées ».

 

« Le San Juan que nous connaissions hier a disparu », a-t-elle lancé.

 

Au vu des dégâts, l’île de 3,5 millions d’habitants pourrait être privée d’électricité « pendant quatre à six mois », a-t-elle prédit, citée par NBC.

 

La Dominique «assommée»
Un homme est mort à Bayamon, dans le nord-est de l’île, frappé par une planche qu’il avait utilisée pour bloquer une fenêtre et que le vent a arrachée, a annoncé le gouvernement.

 

Comme Porto Rico, plusieurs îles des Caraïbes ont été touchées par Maria, après Irma il y a deux semaines.

 

En Guadeloupe, touchée mardi, au moins deux personnes sont mortes et deux autres sont portées disparues en mer.

 

Plus au sud, sur l’île de la Dominique elle aussi totalement ravagée mardi par Maria, 15 personnes ont perdu la vie. Ce bilan pourrait encore s’alourdir, selon les autorités, les vents violents rendant difficiles les opérations de secours.

 

Des images aériennes de l’AFP montrent une partie de la Dominique jonchée de débris, notamment de toitures arrachées. Un vol de reconnaissance a permis au Centre des situations d’urgence des Caraïbes (CDEMA) d’estimer les dommages à « 70-80 % des constructions » selon son directeur, Ronald Jackson.

 

« Le pays est complètement assommé », a déclaré un conseiller du premier ministre de la Dominique. « Il n’y a plus d’électricité, plus d’eau courante, plus de téléphones ni fixes ni cellulaires, et tout ça risque de durer un bon moment », a-t-il expliqué.

 

Les Îles Vierges américaines ont elles aussi pâti du passage de l’ouragan, mais sans qu’aucune victime soit recensée à ce stade, alors qu’Irma y avait fait neuf morts. Maria semble aussi avoir épargné l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin, où Irma avait fait 15 morts.

 

 

 

 

 

Au tour de la République dominicaine

Après avoir ravagé la veille la Guadeloupe et la Dominique, Maria a perdu en intensité après son passage sur Porto Rico. Maria était tôt jeudi un ouragan de catégorie 3 et fouettait à ce moment le nord-est de la République dominicaine avec ses vents soutenus de 185 km/hm. Il s’approchera ensuite des îles Turques et Caïques, et le Centre national des ouragans des États-Unis a prévenu que l’ouragan pourrait prendre de la force au cours des prochaines heures.

 

Mais la République dominicaine se préparait tout de même « au pire »à l’arrivée jeudi du phénomène météorologique, ce dernier devant regagner en intensité à l’approche de l’île, selon le NHC. « Le gouvernement s’est préparé au pire et les gens devraient en faire de même », a affirmé mercredi le ministre administratif du gouvernement José Ramón Peralta.

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